Produite par/pour Sky et HBO, la mini-série « Chernobyl » est la fiction du moment. Certes, on peut lui reprocher d’avoir choisi l’anglais comme langue de tournage, mais l’ensemble de la production est tellement brillant que cette liberté prise sur l’Histoire est vite pardonnée. L’anglais est après tout aussi universel que l’était le russe dans l’URSS de l’époque (avril 1986), où Ukraine et Biélorussie n’étaient pas encore indépendantes. La catastrophe, dont l’ampleur a défloré/désenclavé les enjeux nucléaires soviétiques, a d’ailleurs contribué à la chute du régime. En avouant, contraints par la tragédie, les erreurs de conception de leurs réacteurs, les soviétiques ont considérablement affaibli leur système. Il était devenu impossible de tenir un discours d’infaillibilité, et l’adhésion patriotique au projet socialiste en a immédiatement souffert. L’explosion du réacteur 4 a finalement fissuré l’ensemble du projet communiste, qui a ensuite agonisé pendant trois ans jusqu’à la chute du mur. Entre didactisme et romantisme, la narration de la catastrophe est à la fois riche en enseignements (le scénario est richement documenté, et soucieux de véracité) et très émouvante. On s’attache à plusieurs personnages, et notamment aux cadres qui ont dirigé les opérations à la suite de la catastrophe. Les acteurs sont grandioses, mon admiration pour Jared Harris n’ayant fait de croître depuis ses rôles dans « The Crown » et « The Terror » jusqu’à « Chernobyl ». Du grand art télévisuel !

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