La troisième saison de « Designated Survivor » s’est timidement affranchie d’une obligation faite aux producteurs : plaire au plus grand nombre (de clients de Netflix). C’était pour atteindre cet objectif que les intrigues précédentes accordaient une part considérable aux complots terroristes, certes en tant que défis lancés aux valeurs démocratiques, mais aussi comme friandises spectaculaires plus faciles à regarder et à comprendre que les subtilités des conflits politiques de la Maison Blanche, où la technocratie raisonne comme dans n’importe quel cénacle, les muscles en sus. D’une certaine manière, on pourrait reprocher à cette saison la grande faiblesse dramaturgique d’une partie de ses intrigues, et peut-être même leur trop grand nombre. Au fond, ce dont les auteurs voulaient parler, c’est du Pouvoir et de son exercice. Au cœur de cette réflexion, les auteurs ont développé un personnage qui m’a vraiment séduit : Mars Harper, le « Chief of Staff » de la Maison Blanche (le directeur de cabinet). C’est le véritable patron de l’administration présidentielle, celui par qui tout doit passer avant d’atteindre le Président. Dans l’histoire de la Maison Blanche, aucune femme n’a encore occupé ce poste : la série l’avait confié au personnage d’Emily Rhodes dans les deux premières saisons... Mais c’est finalement à Mars Harper que le poste est confié pour cette troisième saison. Je ne connaissais pas l’acteur, Anthony Edwards, dont la carrière hollywoodienne n’a pas voyagé jusqu’à moi, mais il m’a beaucoup impressionné dans ce rôle. Faussement cynique, et en réalité d’une grande humanité, il incarne vertu, travail et noblesse d’âme, proposant une variation bureaucratique et autoritaire des valeurs défendues par Tom Kirkman. C’est l’homme du devoir, d’une loyauté inébranlable, mais aussi, comme il se doit d’un personnage crédible, fragilisé et ébranlé dans ses convictions pour de bonnes-mauvaises raisons... Un roseau aux allures de chêne...

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire