mardi 6 août 2019

The Boys

C’est la régalade du moment. « Brightburn » avait bien égratigné la culture des « supes » avec son personnage maléfique : « The Boys » s’en prend à Hollywood avec un esprit caustique qui m’a enchanté. Les avertissements affichés au début de chaque épisode reflètent cependant l’hypocrisie de la bien-pensance étasunienne, en exagérant le degré d’affranchissement de la production à l’égard des bonnes mœurs. Ces cartons rappellent d’ailleurs l’appartenance de la série à l’industrie qu’elle critique. On est très loin, en réalité, de l’indépendance affichée... Le faible développement de certains personnages appelle d’autres saisons : il devrait y en avoir au moins une seconde. On pourra notamment raffiner le portrait de Butcher, à la fois héros de la série et grand oublié des scénaristes. De mon point de vue, la vraie réussite des auteurs est le personnage de Homelander, héritier de Superman quant à ses pouvoirs, et grandiose démolisseur du marketing audiovisuel avec ses numéros de cabotinage délirants. L’acteur accomplit une véritable prouesse à l’image en faisant vraiment peur. Il est cruellement aidé par un physique décalé, en contravention avec le culte de la perfection porté par les studios : il n’est ni Henry Cavill ni Chris Evans, sa dentition, ses yeux, ses cheveux, faisant de lui une alternative dérangeante, tant il n’est pas canonique. Il est une intrusion du fantastique dans le merveilleux, du danger dans l’espoir. Certaines scènes dont il est le protagoniste sont véritablement flippantes : c’est une réussite qui me semble émaner en grande partie de l’acteur, Antony Starr, compatriote justement de Karl Urban (Butcher), tous deux étant néo-zélandais et devant, comme les acteurs anglais à Hollywood, emprunter des accents en fonction des films. Récompenses possibles aux Emmy ?

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