jeudi 23 mai 2019

John Wick Parabellum

Alors que le deuxième volet de cette saga m’avait enchanté, « John Wick Parabellum » m’a franchement ennuyé. Ce qui m’avait semblé nouveau et divertissant dans « John Wick 2 » (on imagine un story-boarding d’une grande précision) a été repris dans le troisième volet sans recul et finalement sans intelligence. Alors que la grande fusillade romaine de l’épisode précédent avait été conçue de manière énergique et graphique, celle du souk imaginaire de Casablanca dans ce film-ci est absconse tant il y a d’assaillants, et tant ils sont vulnérables. Il y a là une grossière erreur d’écriture et de montage - sans compter la faiblesse de la mise en scène - qui plombe l’ensemble du récit. Je ne critique pas les nombreuses licences prises sur le réel, car j’aime l’univers délirant qu’on nous propose, entre jeu vidéo et bande dessinée. Mais il existe malgré tout des limites à ne pas dépasser, certes imprécises/invisibles, et pourtant flagrantes aux yeux des spectateurs. La pluie d’assaillants de la Casbah se situe malheureusement au-delà de cette frontière insaisissable : au centième arabe trucidé, on décroche. Une bonne fusillade peut être un excellent spectacle au cinéma. Les hommes tombent, mais on sait bien que personne n’a vraiment été blessé. La violence n’est pas vraiment là. Même les os brisés, les chairs déchirées, les brefs hurlements de figurants anonymes ne sont quasiment rien. Mais trop, c’est trop. C’est un film qui ne vaut selon moi que pour la beauté de ses décors...

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