Depuis l’enfance et la préadolescence jusqu’à l’adolescence la plus attardée, qui ne s’arrête probablement pas à 40 ans (l’auteur écossais de la bande dessinée est né en 1969), mais bien après, la surface marketing de « Kick-Ass » est gigantesque. Les règles des studios gâchent un peu la fête en attribuant le rôle à un beau gosse qu’on ne voit pas un instant dans le film comme ce bigleux complexé que les filles ignoreraient, selon ses dires de narrateur, dans les couloirs du lycée… C’est l’arnaque classique des films de studio. Pour le reste, la comédie n’est pas non plus finaude, mais il y a quelque chose de malin dans ce film. Parmi les éléments auxquels on accroche son rire, il y a tous ces fantasmes inavouables qu’on développe chacun dans son coin, se demandant s’il est convenable d’aimer les armes à feu, les petites filles vengeresses et sadiques, et la baston de manière générale… Et la bravoure ? Combien de conversations ai-je conduites jusqu’à la rixe en m’interrogeant sur le courage dont j’aurais peut-être fait preuve en 1940 ou en 1942 face à l’envahisseur nazi, questionnant au passage le courage dont les autres auraient fait preuve au même moment… Et, modestement, n’acceptons-nous pas, honteusement, la possibilité qu’effectivement nous n’aurions peut-être pas été des héros ? Et tout à coup, nous voilà honteux de cette lâcheté qui ferait de nous dès aujourd’hui de pauvres types ! Charles Bronson avait un flingue : Kick-Ass des bâtons de farces et attrapes, un squelette un peu renforcé après un mauvais accident, et le désir ardent de plaire à cette jolie poupée du placard d’à côté. Rassurez-vous, le film n’est pas diffusé en 3D ! Vous ne serez pas rackettés pour les lunettes et ne sortirez pas avec une conjonctivite ! En fait, on quitte la salle avec un grand sourire ! Et cet étonnement de voir, vers 21h15, un ciel si clair.
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