lundi 19 avril 2010

Ajami

On savait déjà que ce film allemand était l’un des meilleurs films israéliens de l’année. D’ailleurs, « Ajami » avait décroché un prix à Cannes (Caméra d’Or – Mention Spéciale), remporté le Prix Wolgin à Jérusalem, et gagné des prix à Thessalonique et à Tallinn. Le vendeur allemand, The Match Factory, a encore enrichi son magnifique catalogue d’un trésor au potentiel international évident. L’absurdité et la violence des conflits israélo-palestiniens y sont exposées avec génie. Aucune posture idéologique : les auteurs décortiquent, en employant une narration ultramoderne, les mécanismes qui engendrent la violence. Les personnages sont magnifiquement développés et les acteurs bouleversants de naturel. Car, en plus de cette écriture talentueuse et exigeante, on a de vrais metteurs en scène de cinéma, qui dirigent leurs acteurs, et nous conduisent ensemble vers un drame dont on se sent partie prenante. Il ne s’agit pas d’une énième leçon consistant à nous rappeler la complexité de ce pays : on sait déjà plus ou moins. C’est un thriller aux émotions fortes qui ne prend pas le spectateur pour un con. Des méchants palestiniens ? Ben ouais. Y’a aussi de méchants israéliens. Et ils se font du mal. Et à chaque fois qu’ils s’entretuent, il y a des raisons, des explications, mais aussi l’engrenage absurde des conséquences… La scène du tribunal bédouin est fabuleuse : je ne crois pas qu’on ait jamais filmé ça. Oui, parce que les palestiniens se font aussi du mal entre eux… Comme s’ils ne souffraient pas assez comme ça… Et puis il y a l’amour immense de ce jeune dessinateur pour son grand frère, qu’il voudrait sauver d’un destin tragique… Dessinateur prédicateur qui rappelle le Prophète de Jacques Audiard… Enfin, ce film est d’une richesse irracontable. Allez le voir !

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