« Plan B » n’a probablement pas coûté grand-chose (et heureusement). On imagine le réalisateur exiger de son chef opérateur qu’il n’y ait pas de lumière (artificielle), comme dans le « Baise-moi » de Virginie Despentes (la tigresse et sa coréalisatrice s’étaient battues pour cela). Le scénario, qui est l’un des atouts de ce petit bijou argentin, ancre l’histoire dans le crépuscule, entre soir et matin. Une zone grise, où tout semble pouvoir se passer, même le plus inattendu. Pas d’éclairage donc. La caméra ? Pas de haute définition : pas sûr que Marco Berger ait été tourné en 35 mm. À vérifier. Les acteurs sont beaux certes, mais semblent appartenir à la vie : une vie marginale, dans laquelle le travail n’est jamais évoqué, comme si c’était une notion étrangère ou vulgaire. Marrant. Le sport et le football sont très présents, mais de manière elliptique. La narration prend son temps, celui du trouble qui se développe petit à petit dans l’esprit des protagonistes : est-il possible que ce désir naisse en eux ? Et doivent-ils le combattre ? Il n’est pas besoin d’aller trop vite pour montrer ce changement. Les personnages sont développés avec justesse, aucun des deux ne renonçant à ce qui fait sa singularité : les acteurs les incarnent avec fraîcheur et talent. Un joyau d’été.
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