« Plan B » n’a probablement pas coûté grand-chose (et heureusement). On imagine le réalisateur exiger de son chef opérateur qu’il n’y ait pas de lumière (artificielle), comme dans le « Baise-moi » de Virginie Despentes (la tigresse et sa coréalisatrice s’étaient battues pour cela). Le scénario, qui est l’un des atouts de ce petit bijou argentin, ancre l’histoire dans le crépuscule, entre soir et matin. Une zone grise, où tout semble pouvoir se passer, même le plus inattendu. Pas d’éclairage donc. La caméra ? Pas de haute définition : pas sûr que Marco Berger ait été tourné en 35 mm. À vérifier. Les acteurs sont beaux certes, mais semblent appartenir à la vie : une vie marginale, dans laquelle le travail n’est jamais évoqué, comme si c’était une notion étrangère ou vulgaire. Marrant. Le sport et le football sont très présents, mais de manière elliptique. La narration prend son temps, celui du trouble qui se développe petit à petit dans l’esprit des protagonistes : est-il possible que ce désir naisse en eux ? Et doivent-ils le combattre ? Il n’est pas besoin d’aller trop vite pour montrer ce changement. Les personnages sont développés avec justesse, aucun des deux ne renonçant à ce qui fait sa singularité : les acteurs les incarnent avec fraîcheur et talent. Un joyau d’été.
samedi 7 août 2010
vendredi 6 août 2010
Inception
Christopher Nolan, le génial metteur en scène britannique de « The Dark Knight » ne pouvait pas créer de plus forte attente. Warner a d’ailleurs soigné l’arrivée du film avec une bande-annonce des plus alléchantes. Et puis cette affiche de super luxe ! Leonardo DiCaprio est quand même ce qui se fait de mieux à Hollywood de nos jours ! Seulement, pour qu’il émeuve, cet acteur extraordinaire, il a quand même besoin d’un patron (Sam Mendes ou Martin Scorcese) et d’un projet. Un grand acteur n’est rien sans tout cela. Al Pacino n’est-il pas exaspérant dans ses films alimentaires ? Mais Leonardo, lui, n’en est pas tout à fait là. Il peut choisir ses rôles. On imagine les offres pleuvoir dans le bureau de son agent. Sans doute, au départ, y avait-il un scénario. Et puis, les millions par dizaines, leurs contraintes, et ces abominables messieurs du marketing… On les imagine en réunion se disant que les études montrent un goût des publics cibles pour les coups de feu et les poursuites en bagnole… Alors, peu importe le sujet et la possibilité d’en faire un film intelligent : la promotion coûtera encore plus cher que le film et il faut rentabiliser cette opération. On va racoler. Eh ! Venez voir « Inception » ! Y’a Marion Cotillard qui donne des coups de couteau ! Y’a des cascades et des cascadeurs, des répliques débiles, des explosions et des écroulements… Que demande le peuple ? Si seulement c’était un vrai film d’action ! Mais la dose d’ésotérisme y est trop forte : on se retrouve entre deux mondes marketing. Les cadres se sont plantés. Le film est raté.
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