dimanche 2 mai 2010

Iron Man 2

Au studio, ils ont dû se dire que cette « licence » devait son succès, entre autres choses, à ces dialogues bruyamment verbeux écrits comme des concours d’éloquence pour coqs et poules ultra-vitaminés, qui placeraient les personnages dans un halo de brio et de glamour d’où aucun autre héros n’irait les déloger. Tony Stark serait donc légitimement riche et invincible parce qu’il disposerait de cette intelligence d’une incroyable vivacité dont nous ne pourrions qu’être admiratifs. D’ailleurs, ses adversaires, eux, ne semblent pas très malins. Surtout ce malheureux Justin Hammer, une sorte de laborieux industriel malchanceux et balourd, ni futé, ni bien habillé, ni tout à fait méchant non plus… Mais lui aussi assez bruyant. C’est une nouvelle fois le fabuleux Mickey Rourke qui crève l’écran. On a évidemment réduit son rôle à la portion congrue pour éviter qu’il n’assombrisse trop l’image du rutilant Iron Man. Mais il est là le vrai héros : ce douloureux vengeur difforme dont les rires sardoniques, tels des venins, empoisonnent ses victimes. On l’avait adoré dans « The Wrestler », le dernier coup de maître de Darren Aronofsky. Il avait été magnifique dans « Sin City ». Il nous le faut davantage cet acteur hors norme, dont le corps explose sous la pression d’une sensibilité trop intense pour être contenue dans une enveloppe humaine. Alors vive Mickey Rourke !

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