dimanche 9 mai 2010

En sus ojos

« El secreto de sus ojos » a non seulement décroché l’Oscar du meilleur film étranger face à « Ajami » et « Un Prophète » notamment, mais aussi 13 récompenses de l’Académie argentine du cinéma, le Goya du meilleur film étranger en espagnol (alors qu’il est coproduit avec l’Espagne), 5 prix à La Havane, etc. C’est le nombre de ses ingrédients qui l’a distingué parmi ses concurrents. Le film de Juan José Campanella est une paëlla dans laquelle le chef n’a oublié de mettre ni les encornets, ni les gambas, ni le chorizo. À la fois thriller, drame romantique et saga politico-historique avec des moments de comédie, ce film est ce qui se fait de plus nourrissant sur la planète cinéma. Le mélange des genres pourrait être indigeste, mais le coup de génie est précisément qu’on n’est pas écœuré. On passe d’une époque à l’autre, admiratif de l’excellent travail de décoration et de maquillage, et même bluffé à l’occasion d’une scène impressionnante de stade de foot, en regrettant seulement quelques saloperies oubliées au cours de la postproduction. On avait découvert Ricardo Darin dans « Nueve Reinas » : un chouia cabot, ses regards sont parfois complaisants, et l’on peut regretter que le metteur en scène ne lui ait pas offert de sortir de son image, désormais figée. Sorte d’infatigable « latin lover » incapable d’exprimer la moindre émotion, cet acteur est la star argentine du moment. Finalement, les moments de bravoure, les jolies idées de mise en scène, et les belles lumières l’emportent sur les minutes un peu faciles et même ratées de cet amour impossible. Alors, voilà un film à voir !

samedi 8 mai 2010

Séance

« En sus ojos »
Oscar 2010 du meilleur film étranger
Séance de 13h20
Samedi 8 mai 2010
Gaumont Opéra Premier

lundi 3 mai 2010

Life During Wartime

« Life During Wartime » est la suite de « Happiness », chef-d’œuvre malheureusement méprisé en France au moment de sa sortie. Ciaran Hinds, le grand acteur irlandais récupéré par Hollywood, a remplacé Dylan Baker. Son personnage, dix ans après, s’est épaissi et terni, apparaissant plus monstrueux encore après l’inceste et la prison, ces dimensions que le personnage de Bill Maplewood n’avait pas au départ de la série. Et tous les personnages de « Life During Wartime » ont de l’épaisseur : en fait, la grande originalité des personnages de Todd Solondz, c’est leur constante détresse. Elle nous apparaît comme hystérique et provoque le rire, mais l’expérience de la salle d’hier, à l’Opéra, montre aussi que ce tragi-comique ne déride pas tous les spectateurs. Je n’avais qu’une alliée, au 4e rang, qui riait en même temps que moi. La grande scène d’Ally Sheedy, qui incarne une sœur fortunée au bonheur désespérément incompris, est prodigieuse et déjà culte ! Todd Solondz amène ses acteurs vers des univers inédits qui rappellent l’inquiétante étrangeté des films de David Lynch. Ici, l’hystérie, l’insatisfaction chronique, la dépression n’autorisent pas l’harmonie : rien ne peut aller vraiment bien et le bonheur est suspect. La scène de confrontation entre Bill et son fils aîné, qui est aussi sa victime, est d’une force dramatique qui, pour moi, a posé un jalon dans l’histoire du cinéma. Seul David Cronenberg avait réussi à produire une telle intensité dramatique avec « A History of Violence ». Chez Todd Solondz, le génie tient notamment à ce suspens totalement flippant qui pourrait amener chaque situation à basculer dans la violence. Tous au bord de s’effondrer comme des châteaux de cartes ou de fondre comme des rapaces. Ce film est un nouveau coup de génie !

dimanche 2 mai 2010

Iron Man 2

Au studio, ils ont dû se dire que cette « licence » devait son succès, entre autres choses, à ces dialogues bruyamment verbeux écrits comme des concours d’éloquence pour coqs et poules ultra-vitaminés, qui placeraient les personnages dans un halo de brio et de glamour d’où aucun autre héros n’irait les déloger. Tony Stark serait donc légitimement riche et invincible parce qu’il disposerait de cette intelligence d’une incroyable vivacité dont nous ne pourrions qu’être admiratifs. D’ailleurs, ses adversaires, eux, ne semblent pas très malins. Surtout ce malheureux Justin Hammer, une sorte de laborieux industriel malchanceux et balourd, ni futé, ni bien habillé, ni tout à fait méchant non plus… Mais lui aussi assez bruyant. C’est une nouvelle fois le fabuleux Mickey Rourke qui crève l’écran. On a évidemment réduit son rôle à la portion congrue pour éviter qu’il n’assombrisse trop l’image du rutilant Iron Man. Mais il est là le vrai héros : ce douloureux vengeur difforme dont les rires sardoniques, tels des venins, empoisonnent ses victimes. On l’avait adoré dans « The Wrestler », le dernier coup de maître de Darren Aronofsky. Il avait été magnifique dans « Sin City ». Il nous le faut davantage cet acteur hors norme, dont le corps explose sous la pression d’une sensibilité trop intense pour être contenue dans une enveloppe humaine. Alors vive Mickey Rourke !

samedi 1 mai 2010

Séance

« Iron Man 2 »
Séance de 14h00
Samedi 1er mai 2010
Max Linder